L’utilisation du procédé d’occlusion linguale postérieure dans l’élaboration complète de prothèses dentaires.

L’utilisation du procédé d’occlusion linguale postérieure dans l’élaboration complète de prothèses dentaires.

 

By Dr. Laszlo Petruska, Spectrum Dialogue

Dr. Petruska

 

Le procédé d’occlusion linguale a été développé, à l’origine, pour combiner les avantages d’un montage anatomique postérieur (bonne esthétique et facilité de montage et d’ajustement) avec celui d’un montage sur un plan unique. La stabilité prothétique de ce concept pourra être obtenue par une occlusion bilatéralement balancée.

Les prémolaires et les molaires sont agencées de sorte que seules les cuspides linguales des dents postérieures supérieures font contact avec les fosses centrales des dents  postérieures inférieures avec une exception toutefois: les premières prémolaires sont agencées de manière opposée parce qu’il est difficile d’établir un bon contact avec la fosse centrale de la première prémolaire mandibulaire en raison de son anatomie. Les cuspides buccales des molaires et des prémolaires mandibulaires ne font pas contact avec leurs cuspides opposées en occlusion centrale ou durant la mastication.

 

Schéma 1 occlusion setup
Schéma 1 occlusion setup

En comparaison avec l’arrangement anatomique conventionnel, le nombre de

contacts occlusaux est réduit considérablement avec le concept d’occlusion lingualisée, car seulement les cuspides linguales des dents postérieures de la prothèse supérieure font contact avec les fosses centrales des dents postérieures inférieures. Les cuspides buccales ne font alors pas contact. Il y a donc une seule position entre les paires antagonistes des dents postérieures supérieures et inférieures. Ceci est obtenu en montant  les côtés travaillants et balaçants des dents pour faire en sorte qu’il y ait des contacts balancants simultanément des deux côtés. Les forces de mastication sont, de ce fait,  distribuées sur la plus grande surface possible des crêtes édentées.

En raison de la forme anatomique des dents postérieures supérieures, on peut obtenir un résultat esthétiquement parfait, alors que pour les dents postérieures inférieures, on peut utiliser des dents anatomiquement modifiées de 0 ou de 10 degrés afin d’obtenir une meilleure fonction. Bien qu’on puisse utiliser le meulage sur différents types de molaires arrières anatomiquement formés pour le concept d’occlusion lingualisée, plusieurs combinaisons spéciales de dents ont été développées par des industries américaines de dent.

 

Figure 2  30M 30X 65 copy
Schéma 2 : Dents impériales – 30M 33º par 30X 10º
Figure 3  59 30M nu
Schéma 3 : Dents de ViForm – 30M 33º par 30F 10º
Figure  4  32M 32F 208
Schéma 4 : Dents de mélange de Justi – 32M 33º par 32F 10º

Afin de garantir une occlusion (fermeture) équilibrée de la bouche, une courbe de compensation est crée lors du montage  des dents arrières mandibulaires. En effet, aucune dent postérieure n’est placée dans la partie ascendante de la mandibule dans le but d’empêcher le délogement de la prothèse inférieure. Dans la plupart des cas, ceci a comme conséquence une réduction du nombre de dents en omettant soit les deuxièmes prémolaires, soit les deuxièmes molaires, selon l’espace disponible. Les contacts balancés en protrusion peuvent seulement survenir entre les cuspides linguales des maxillaires  et ceux des mandibules postérieurs ; en d’autres termes, même pendant la mastication, les dents antérieures ne sont pas en occlusion. S’il y a interférence des dents antérieures, il faut déplacer ou rectifier (meuler) légèrement les dents antérieures inférieures opposées ou augmenter l’inclinaison distale des molaires inférieures en augmentant la courbe compensatrice.

Pour s’assurer que les cuspides linguales  supérieures se déplacent librement dans les fosses centrales inférieures, il faut élargir les fosses des dents postérieures inférieures principalement par meulage sélectif. Les cuspides buccales sont en sous-occlusion. C’est pourquoi, il faut rectifier les cuspides buccales supérieures quand il y a contact afin de créer le dégagement buccal. Ce cette façon, les contacts entre les cuspides lors des mouvements de travail et de balancement sont simplifiés puisque seulement les cuspides linguales supérieures s’articulent avec les surfaces occlusales inférieures.

Les avantages de l’occlusion lingualisé.

En prothodontie, nous avons toujours été préoccupés par la préservation de l’os alvéolaire. On a proposé plusieurs idées au sujet de l’occlusion et de son rôle dans la conservation de la crête alvéolaire résiduelle . Il est maintenant largement accepté que les dents de forme anatomique,  assurent un confort satisfaisant et esthétique pour la plupart des patients si elles sont correctement montées. Toutefois, la présence des cuspides peut produire des forces potentiellement destructrices des crêtes alvéolaires.

 

Figure 5  dentures shown together2
Schéma 5 : dents correctement disposées (distribuées) selon leurs formes antomiques assurant un confort satisfaisant et esthétique pour la plupart des patients.

L’utilisation du concept d’occlusion linguale apporte un grand confort à ces patients en raison des dents arrières modifiées de la prothèse inférieure, où l’esthétique ne constitue pas un problème différent pour l’arcade supérieure. Ceci est dû à tout ce qui suit :

En raison d’une résorption osseuse alvéolaire avançée, une anomalie peut surgir entre     l’arcade supérieure, plus étroite, et la mâchoire inférieure, plus large.

Comme c’est seulement les pointes des cuspides linguales supérieures qui sont actives, elles  doivent être montées  au-dessus de la crête alvéolaire supérieure, de sorte que les pointes des cuspides buccales des dents postérieures supérieures seront situées proches de leur emplacement optimal donnant ainsi au patient un beau sourire. Les surfaces occlusales des dents postérieures inférieures sont élargies, ce qui les rendent ainsi plus proches de leur emplacement idéal. Ceci offre les avantages suivants :

• En raison d’une réduction du nombre de contacts occlusaux, l’occlusion lingualisée facilite le montage et l’ajustement à la fois sur l’articulateur et dans la bouche. On peut facilement corriger cette mise en place en installant, dans une position idéale, des contacts en occlusion centrée sur la table occlusale inférieure élargie.

• L’anatomie des dents postérieures supérieures permet au patient une grande efficacité à mastiquer puisque les cuspides linguales sont longues et pointues et que leur axe se trouve perpendiculaire à la crête des dents de la table occlusale plane inférieure.

• L’avantage d’utiliser à la fois des dents de forme anatomique (pour l’esthétique et l’efficacité à mastiquer) et les dents de forme non anatomique (pour diminuer les forces horizontales) particulièrement chez les patients avec une résorption de l’os alvéolaire sévère.

• Les forces verticales sont ainsi mieux dirigées sur la crête alvéolaire mandibulaire, ce qui crée beaucoup moins d’inclinaison et assure donc plus de stabilité aux prothèses dentaires.

• Les dents supérieures peuvent être positionnées plus buccalement sur la crête, parce que seuls les cuspides linguales sont actifs et devraient être situés en haut de la crête maxillaire. Dans de nombreux cas, cela élimine le besoin de monter les dents en occlusion croisée (latéralement) et améliore l’aspect fonctionnel et esthétique de la prothèse dentaire.

• Les muscles du visage et des joues sont mieux soutenus par des molaires maxillaires placées plus près du côté buccal, ce qui augmente l’aspect esthétique d’autant.

Figure  6  Minda Smile
Schéma 6 : Les muscles du visage et des joues sont mieux soutenus par des molaires maxillaires placées plus près du côté buccal, ce qui augmente la valeur esthétique d’autant.

En résumé, on peut dire qu’il n’y a aucune contre-indication au concept d’occlusion lingualisée. Ce concept est vraiment adapté pour les médecins et les patients qui ont des exigences esthétiques élevées pour leurs prothèses et dont l’objectif est de minimiser les forces horizontales pendant la mastication et les mouvements disfonctionels dans les cas de résorption sévère de l’os alvéolaire, d’arêtes cuspidiennes coupantes et molles, pour ceux qui ont une relation maxillaire anormale et un grand espace inter-alvéolaire